Belle carrière que celle de l’Electeur ! Ancien tueur de la Cour (mais est-on jamais en retraite dans ce métier ?), il avait hérité d’un fief Breton ; jamais les grands inspecteurs impériaux n’osaient s’aventurer jusque là. Les envoyées de l’ONU elles-mêmes avaient d’abord prudemment effectué un survol en avion. Finalement il s’était installé comme gabelou, rançonnant équitablement bretons et ligériens. L’Impératrice, en plein combat contre les barbares, avait daigné visiter ses sujets et se ressourcer au contact du bon people. Mais l’Electeur était-il un sujet ? En le tâtant les inspectrices l’avaient plutôt identifié comme un objet, avec, comme pour tout objet, sa composante brouette de bois et sa composante bardeau de zinc prépatiné. Drôle d’objet quand même ! Susceptible de changer une crêperie en pizzeria, un strapontin Sncf en balai de sorcière de luxe ( la sorcière de luxe se reconnaît à son goût de truffe : un coup de langue suffit !), il avait de plus séduit Auxilia, qui contrôlée à l’aéroport de Nantes avait dû déposer à Roissy son trop-plein de sel ; instruite par les douaniers, elle avait d’ailleurs décidé de changer de nom, au diable les tâches subalternes ! Elle était désormais l’ Haltérophile du Ducato, elle montrait ses triceps aux jeunes Bretons et les attirait ainsi dans son camion afin qu’ils lui pétrissassent les cuisses. L’Impératrice – rêvait-elle au camp des barbares ? – laissait faire ces turpitudes, menaçant les dieux de représailles au cas où ils s’aviseraient de lui en tenir rigueur.
(D'après Algérie et Tunisie par Vidal-Lablache).
Il s’agissait de poulpe aux épinards, c’est très bon et j’avais trouvé des variantes, mais il fallait prendre le poulpe sur la tête de son voisin, le jour de la fête du Temps, là où tout le monde vient coiffé d’un poulpe vivant et somnolent. L’œil du poulpe était dissuasif, j’ai frappé à côté : nous mangerons donc de la cervelle de courtisan.
Prenez un poulet américain (évitez le Kentucky Fried, un North Carolina fera l’affaire), déshabillez-le et faites-le chanter, salez, poivrez, don’t listen to the lyrics and don’t look at the music it does (après tout, à poil dans un abattoir de chez Vivendi, vous auriez l’air de quoi ?). Puis égorgez-le proprement, dénudez lui le cou de ses plumes et mordez à belles dents. Si vous voulez vous pouvez le faire cuire, mais c’est plus compliqué. Et s’il s’agit de Clay Aiken, mangez- le « à l’impériale » : cru et mariné.
Tout commença à Retournac, là où Sa Majesté l’Impératrice avait jeté son dévolu. Sa Majesté ne jette pas grand chose et les notaires de Brioude eussent du s’en sentir honorés. Ils se concertèrent pourtant, dans leurs gilets sentant le tabac et le suint, et ils tentèrent de léser Sa Majesté en lui vendant 225 000 € une maison de 125 m2. Le problème n’était pas le prix, le problème était la surface : Sa Majesté exigeait 1250 m2. Mais quoi de plus obtus qu’un notaire ? Il ne restait donc qu’à conquérir, après les provocations d’usage, en évitant si possible les profusions de sang ( en revanche Sa Majesté aime bien les effusions). Killer une fois sur place tua au hasard un ou deux notaires, séduisit l’hôtesse du concessionnaire Porsche du Puy-en-Velay en l’appelant par son prénom (qui était inscrit sur son badge). Elle s’appelait Françoise et aimait aussi Xenakis. La vague de conquête toute composée de Porsche, dirigée par Françoise se dirigea vers Retournac, les oriflammes aux armes de l’Empire claquant au vent arverne. L’Empire n’ayant pas d’armée, il fut décidé que la population se soulèverait (c’est la raison pour laquelle les écoliers apprennent dans les livres qu’il s’agit d’une libération et pas d’une conquête). Tout ceci fut fait sans problème. En quelques heures Le drapeau au cafard flotta sur les édifices publics et le musée de la dentellerie. Un foyer de résistance localisé au boulodrome fut réduit par la guerre psychologique (en fait on ne sait pas vraiment comment agirent les psychologues impériales). Tout est calme depuis, les gens vaquent ( vaquer est un peu ennuyeux, mais bon, on ne peut pas tout avoir). On lève l’impôt sur le festival de Country. Et la maison fait effectivement 1250 m2, ce qui prouve que les notaires étaient de mauvaise foi. On a bien fait de ne rien payer.
hé hé un objet rare ! et le sel est passé de france en suisse et retourné en france... parcours... read more
on Chapitre CCCCVIII - La Cour en visite chez l'Electeur de Brière